Néolithique et Protohistoire des plateaux de Zemmour

                          

               Fouilles archéologiques dans le pays Zemmour

                     du 16 octobre au 18 novembre 2007 

 

Dans le cadre du programme de recherche intitulé : « Néolithique et Protohistoire des plateaux de Zemmour », développé par l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine, qui dépend du Ministère de la Culture, des fouilles archéologiques ont été effectuées dans la grotte d’Ifri n’Amr ou Moussa (Commune d’Aït Sibern, Oued Beht, Province de Khémisset), et ce du 16 octobre au 18 novembre 2007.

 

Cette campagne de 2007 dans les plateaux de Zemmour, fait suite aux premières fouilles d’Avril 2006, où l’équipe de chercheurs marocains avait fait des découvertes exceptionnelles, de structures d’habitat, de sépultures et de mobilier archéologique, appartenant tous à l’âge du cuivre et plus particulièrement à la civilisation campaniforme. A noter que cette civilisation très connue dans la péninsule ibérique, l’Europe occidentale et centrale, n’a atteint dans toute l’Afrique du Nord que le Maroc seulement.    

 

Les travaux de fouilles d’octobre-novembre 2007, ont permis la découverte de squelettes humains, de faune sauvage et domestique, de céramique, d’industrie osseuse et d’objet métallique, datant du chalcolithique (3000-1800 avant J.C).  

 

  Lors de cette campagne 2007, la moisson anthropologique a été capitale. En effet, deux sépultures d’enfants en bas âge ont été mises au jour. Les jeunes individus étaient  inhumés selon les rites préhistoriques de l’époque, couchés sur le dos en position fœtale. L’excellent état de conservation des ossements est de nature à nous procurer des données anthropologiques de première importance dans la connaissance de la population responsable de la civilisation campaniforme au Maroc. Cette moisson va orienter les recherches avenirs vers des analyses génétiques de l’ADN fossile, des squelettes campaniformes marocains à fin de les comparer avec leurs contemporains de la péninsule ibérique. Ces analyses pourraient trancher dans le débat concernant la nature des peuples qui sont responsables de l’introduction de la civilisation campaniforme au Maroc : s’agit-il de population ibériques conquérantes ou de populations autochtones marocaines ?

 La faune découverte dans la grotte, est riche et diversifiée, comprenant des mammifères sauvages, dont certains ont disparu récemment du Maghreb, tels que l’ours, la panthère, le kob, le Bubale et le Taurotragus oryx, ainsi que des espèces qui y vivent encore, tels que le sanglier, le porc épic, la gazelle cuvier, l’hérisson, la tortue, les oiseaux rapaces, l’autruche, l’escargot et des invertébrés marins consommés en tant que complément culinaire. Les animaux domestiqués par l’Homme sont représenté dans la grotte par le chien et la chèvre. Cette faune reflète un climat beaucoup plus humide que l’actuel, favorable à un environnement forestier.    

 La céramique, de type campaniforme (forme de cloche renversée), est loin d’imiter les styles internationaux venus de la péninsule ibérique. Les décors semblent témoigner d’une tradition locale, et s’apparentent à ceux de la grotte de Dar-es-Soltane, sur le littoral de Rabat, et ceux des grottes d’El Khill et d’Achakar dans le Cap Spartel, à l’Est de Tanger.    

 L’industrie osseuse est très abondante dans la grotte d’Ifri n’Amr ou Moussa. Elle est représentée majoritairement par des aiguilles à chas et des poinçons, qui ont servi à coudre les habits et à décorer la céramique. La grotte est caractérisée par le bon état de conservation des objets, et leur degré de finesse artistique.

 

La fouille a révélé des objets métalliques en cuivre et en plomb, à coté de  nodules du même  métal (cuivre rouge et  plomb), qui pourraient supposer la fonte du métal sur place. Ceci, va relancer le débat sur la métrise des techniques métallurgiques par les populations protohistoriques du Maroc.  Est-ce qu’elles ont importés ces techniques d’Ibérie ou est ce qu’il s’agit d’un processus historique d’évolution locale, qui amené ces populations à découvrir d’eux –même la technique de fondre les métaux ?

 D’après les dernières découvertes dans la grotte d’Ifri n’Amr ou Moussa,  tout porte à croire que le Campaniforme est une civilisation autochtone au Maroc. Tout en étant ouvert sur la péninsule ibérique, voisine, en entretenant des contacts commerciaux dus la navigation en haute mer, le Campaniforme marocain a ses particularités propres, qui le différencient du Campaniforme ibérique. L’on sait que les Campaniformes ibériques ont importé du Maroc de l’ivoire et des œufs d’autruches, qu’ils ont façonné en produit de luxe, et en contre partie ils ramené des pointes de flèche en cuivre de type Palmella, ainsi que des vases et des gobelets de style campaniforme international, qui ont peut-être servi de prototypes aux objets fabriqués sur place par les Campaniformes marocains.   

 La civilisation du vase campaniforme est attestée dans diverses régions du Maroc, aussi bien sur le littoral qu'à l'intérieur des terres. Jusqu'à très récemment, on croyait que la pénétration d'objets campaniformes fut uniquement littorale. Ceci a amené plusieurs auteurs à affirmer que les éléments essentiels de cette civilisation ont été importés de la péninsule ibérique. Avec le développement des connaissances sur cette période, on commence à remettre en cause de tels propos et à penser de plus en plus qu'il est possible que certains objets aient été fabriqués sur place.

 Les  récentes découvertes prouvent de jour en jour, que les objets métalliques ont été utilisés dans des régions nettement continentales. Il nous paraît hautement probable que les objets métalliques ont été importés dans un premier temps et ensuite fabriqués sur place en imitant les modèles importés. Il est fort vraisemblable que ces objets ont été fabriqués localement et le voisinage de gisements de cuivre encore exploités actuellement est à prendre en considération.

 Plusieurs auteurs ont  avancé et soutenu l’idée qu’il ne faut pas parler de civilisation du vase campaniforme au Maroc. Ils justifient leur opinion par la rareté des éléments de cette civilisation et leur apparition dans un environnement culturel radicalement différent de celui de leur pays d'origine: l'Andalousie et le Portugal. Cette localisation littorale des gisements a amené plusieurs chercheurs à penser que tous les éléments de la civilisation du vase campaniforme trouvés au Maroc ont été importés du sud de la péninsule ibérique. Cette hypothèse reposait sur une certaine analogie dans les formes céramiques et les objets métalliques des deux rives du détroit de Gibraltar. 

  Or, les dernières découvertes concernant cette période montrent que les objets campaniformes ont été également utilisés dans des régions très éloignées du littoral. Compte tenu de la multiplication des découvertes de sites campaniformes, il est désormais difficile de continuer à nier une véritable implantation de cette civilisation au Maroc. Nous pensons qu'il ne s'agit pas d'une simple appropriation, par les populations de l’âge du Cuivre du Maroc, d'objets fabriqués en péninsule ibérique; mais fort probablement d’une culture régionale,  ouverte sur son environnement limitrophe.  

 Il est à noter que les vestiges que nous avons mis à jour dans la grotte d'Ifri n'Amr ou Moussa (Commune des Aït Sibern, Oued Beht) témoignent de l'essor de la civilisation campaniforme (5000-3500 avant le présent) dans cette partie  des plateaux  de Zemmour. A noter que cette civilisation de l'âge du cuivre s'est répandue dans toute l'Europe occidentale et une partie de l'Europe centrale. Le Maroc présente l'originalité d'être le seul pays d'Afrique à avoir été atteint par cette culture protohistorique. Ces dernières découvertes aux environs de  Khémisset, vont sans aucun doute enrichir le débat au sein de la communauté scientifique internationale, concernant l’origine de cette civilisation et de son extension. 

 Ces résultats  contribueront sans  aucun doute,  à  une  meilleure  compréhension  de  la  portée   réelle  des  modifications  des  stratégies  d’occupation   et  de  gestion  du  territoire,  liées  à  l’introduction  de  la  métallurgie  et   à  l’ouverture  sur  la méditerranée ainsi que sur l’Atlantique  par  des  échanges   commerciaux, à partir des civilisations de l’âge du cuivre jusqu’à  la  période  phénicienne.

A noter que ces travaux s'inscrivent dans le cadre de programmes nationaux 100% marocains, démarrés depuis 2005,  par l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine, et qui concernent dans un premier temps les plateaux de Zemmour, le Moyen Atlas et la trouée de Taza.

 Le programme de recherches archéologiques : « Néolithique et Protohistoire des plateaux de Zemmour », dirigé par Mr Youssef Bokbot, Professeur Habilité  et Chef de Département de Préhistoire à l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP), est composé des membres permanents suivants : Mr Abdelouahed Ben-Nçer, Anthropologue et Mr Fethi Amani, Paléontologue, Professeurs Habilités  à l’INSAP et Mr Mostafa Ouachi, Chercheur en Histoire du Maroc.

Directeur du programme : Youssef Bokbot, Professeur Habilité. Téléphone : 063.81.00.58 , email : bokbotyoussef@yahoo.fr 

 

Commentaires (1)

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