Le site néolithique de l'abri d'Hassi Ouenzga (Rif Oriental, Maroc)

 

Jôrg Linstädter

 

Le site néolithique de l'abri d'Hassi Ouenzga (Rif Oriental, Maroc)

 

 

 

Depuis le début des recherches archéologiques au Maroc, les périodes anciennes de l'Âge de pierre ont attiré toute l'attention des scientifiques. En revanche, la recherche concernant les sites néolithiques et leur problématique n'en sont qu'à leur début. Jusqu'à présent, les recherches sur le Néolithique et les périodes précédentes se concentraient dans les régions autour des grandes villes de la côte atlantique (Daugas et al. 1989), la région de Tanger (Gilman 1975; Nehren 1992) et la région d'Oran en Algérie (Goetz 1964; Camps 1974; Aumassip 1971). Dans la zone de recherches du Rif oriental quelques autres grottes ont été fouillées par Luc Wengler, comme la Grotte d'el Heriga (Wengler 1984) et l'abri Rhirane (Wengler 1985). En ce qui concerne le Néolithique ancien, aucune trace hormis les deux grottes citées ci-dessus, n'a été mise en évidence entre la province du cap d'Ashakar et celui d'Oran. Ainsi, le site d'Hassi Ouenzga avec son inventaire riche en céramique occupe une position clé au sein de l'étude du Néolithique méditerranéen du Maroc.

 

Grâce aux fouilles dans l'abri d'Hassi Ouenzga, notre connaissance de la préhistoire et de la protohistoire du Rif oriental est remaniée et s'est notablement enrichie. La bonne conservation de la céramique et des restes organiques comme les os et le charbon de bois dans un contexte stratigraphique ont une portée toute particulière. Notre intérêt se concentre dans cet article sur le matériel.

 

 Le site d'Hassi Ouenzga se situe près de la route nationale qui conduit de Guersif à Nador, à environ 15 km au nord-est de Saka. Le petit abri se trouve au-dessus d'une source au pied du Gebel Bou Tawid. Le dépôt de l'abri, d'environ 1,50 m d'épaisseur, a été fouillé durant les deux campagnes de 1996 et 1997.

 

Les dépôts ont été divisés en 5 couches différentes selon des critères sédimentologiques comme la taille de grains, la couleur, la consistance ou bien la part de mollusque. Les deux couches supérieures et inférieures ont été regroupées pour les besoins de l'interprétation et présentation. La céramique ainsi que les artefacts lithiques, en os et en coquilles d'œufs d'autruche seront présentés sur la base de ces 3 unités ainsi obtenus.

 

La céramique est décrite sur la base de l'unité de récipient. 314 unités ont été reconstituées à partir de 619 tessons en majorité décorés. La présentation du lithique est constituée d'une analyse de l'approvisionnement de la matière première, des chutes d'ouvrages ainsi que la technique et de la stratégie de débitage. Les outils sont décrits à l'aide de la typologie de l'Epipaléolithique du Maghreb de J. Tixier (1963) et sont exposés dans l'ordre correspondant. Les quelques artefacts en coquilles d'œufs d'autruche et en os sont décrit individuellement.

 

Le matériel des couches 1 et 2 est mélangé. 88 unités avec 137 tessons en sont issues. De la céramique néolithique, protohistorique et de l'époque islamique ont été découvertes dans les mêmes niveaux. La majorité des 88 unités de récipient reconstitués sont le plus souvent décorés et datent du Néolithique. Par rapport aux matériels des couches inférieures, la céramique a ici une finition de surface très soignée et les dégraissants sont de plus petite taille et moins nombreux. Les formes simples avec des bords rentrants dominent. La part des bords avec des lèvres avec un raclement biseauté est supérieure par rapport aux couches inférieures. Les décorations les plus courantes sont les impressions au peigne non-pivotant. Le spectre des artefacts lithiques montre des restes d'une production de forme de base locale. Les types d'outils définissables sont d'origine néolithique. Les datations au C14 des couches 1 et 2 couvrent une période qui s'étale du 2ème au 19ème siècle ap. J. C. On peut ainsi dire qu'ici au sein de ce sédiment de 2000 ans, un mélange a eu lieu avec des trouvailles d'époques précédentes. L'analyse de ce mélange est un des desiderata important de l'étude de ce site qui, cependant, sera difficile d'y remédier en raison de l'absence totale de matériel de comparaison de l'âge du fer, protohistorique et islamique de la région.

 

 

Sur la base de 194 tessons, 124 unités ont été définies dans la couche 3. Les formes des récipients sont plutôt ouvertes, les bords saillants. La forme dominante de décors est l'incision. Il existe cependant aussi d'autres décors d'impression de toutes sortes. Les impressions au peigne sont plutôt appliquées avec la technique pivotante par rapport aux couches supérieures. L'inventaire lithique est dominé par la pièce à retouche continue. Les pièces les plus frappantes sont les microlithes géométriques comme le segment ou le demi-cercle, le trapèze isocèle et le triangle scalène allongé à petit côté concave. La couche 3 a livré 3 des rares outils en os. Il s'agit de 2 fragments et d'un poinçon complet. Une datation précise de la couche 3 à l'aide de la datation au C14 est problématique. L'écart s'étend en effet de la fin du 6èrnc au début du 4èrnc millénaire av. J.e. La date la plus récente est cependant sujette à une discussion critique. Dans un premier temps, il semble raisonnable de situer la datation de cette couche entre 5162 +_89 et 4921 +_67 av. J.C.

 

130 unités de récipients ont été reconstituées à partir des 288 tessons découverts dans les couches 4 et 5. La technique de lissage fin de la surface des récipients domine. Une finition de grande qualité de la surface est presque inexistante. La tendance déjà observée, dans les couches supérieures, de la présence de dégraissants plus grossiers atteint ici sont maximum.

Les formes de récipients sont aussi bien saillantes et évasés. Cependant les formes concaves dominent. Les lèvres rondes asymétriques comptabilisent 60% de la part des bords. En comparaison, l'inventaire lithique est - avec ses 103 exemplaires - particulièrement importants. Bien qu'ici aussi, les pièces à bords retouchés dominent, la grande part de perçoirs simples ne passe pas inaperçu. Cela est sans doute à mettre en rapport avec la concentration des 348 perles en coquilles d'œufs d'autruches et des quelques autres ébauches. Une spatule de 21 cm de long complète l'ensemble de l'inventaire des outils au sein de cette partie de la stratigraphie.

 

Bien que le site de Hassi Ouenzga ait livré du matériel archéologique de différentes périodes du Néolithique à l'époque islamique, le Néolithique ancien est clairement dominant et a pu être fouillé dans les couches intactes des deux tiers inférieurs de la stratigraphie. La datation au 14C situe ce Néolithique ancien entre 5600 et 4900 av. J.c. Des sites significatifs avec un matériel semblable se trouve à Cardial dans la région de Tanger (Gilman 1975) et, en ce qui concerne la céramique à décor à incisions, dans la région d'Oran (Aumassip 1971).

 

Adresse:

 

Jörg Linstädter

 

Forschungsstelle Afrika

des Instituts für Ur- und Frühgeschichte

 an der Universitat zu Köln

 Jennerstr. 8 D-50823 Köln

 

joerg.linstaedter@uni-koeln.de

 

 

L'abri d'Hassi Ouenzga dans son cadre culturelle

 

 

par Habiba Atki

 

Le site d'Hassi Ouenzga se caractérise par une abondance relative de vestiges recueillis dans un contexte stratigraphique satisfaisant. L'étude du matériel lithique et surtout de la céramique récoltée lors des deux campagnes de fouilles menées avec minutie nous ont permis de définir la culture découverte et de proposer une interprétation chronologique. Des études approfondies de la faune et de la sédimentologie sont en cours pour tenter de reconstruire le paléoclimat.

 

Notre but est, dans ce chapitre, de présenter une synthèse des résultats significatifs obtenus. L'ensemble du matériel rencontré dans tous les niveaux d'occupation du site d'Hassi Ouenzga se compose essentiellement de céramique, d'industrie lithique, d’outil de broyage, de quelques objets en os et d'un lot de rondelles d'enfilage. En dehors de trois tessons campaniformes, dont deux trouvés dans les niveaux supérieurs perturbés associés à des vestiges subactuels et un recueilli en surface, l'ensemble du matériel issus des couches inférieures remontent au Néolithique.

 

La céramique

 

 

La céramique est présente dans tous les niveaux d'occupation du site. Du point de vue technique, la majorité des récipients semblent fabriqués suivant la technique du montage au colombin. En effet, de nombreux tessons présentent une fracture aux jointures de ces derniers. En ce qui concerne la pâte, elle est généralement de bonne texture. Le dégraissant est souvent présent en forte proportion. Pour la plupart de récipients, il est nettement dominé par un mélange de composants minéraux difficiles à analyser. Seuls les grains de quartz ronds ou anguleux ainsi que, dans quelques cas, la pyrite ont été identifiés au microscope. D'autre part, l'utilisation de chamotte ou encore de végétaux, dont les traces ont été observées sur certains tessons, ont été constatés. La majorité des tessons des unités présentent un dégraissant grossier (1-2 mm) ou moyen (0,5-1 mm). Seulement quelques unités présentent un dégraissant fin « 0,5 mm). L'utilisation dans certaines unités de dégraissants, dont la taille dépasse largement 3 mm, laisse supposer que ces derniers n'ont pas été toujours tamisés.

 

En ce qui concerne la finition, il est à remarquer que la plupart des tessons porte des traces de raclage. Le travail de polissage semble être limité aux niveaux supérieurs remaniés. En ce qui concerne la cuisson, la dominance de tessons avec des couleurs brun, brun-jaune et brun-rouge foncé par rapport à ceux avec des tons gris et gris-noir, montre que celle-ci a été pratiquée en atmosphère oxydante plutôt que réductrice.

 

L'état fragmentaire des tessons et leurs tailles plutôt réduites a rendu difficile la reconstitution de la totalité des formes céramiques présentes dans le site d'Hassi Ouenzga. Toutefois, quelques récipients reconstitués principalement, grâce à des fragments de bords, ont pu être classés en 13 catégories typologiques.

Les vases sont principalement de formes simples présentant un profil externe légèrement ou nettement arrondi. Les formes les plus complexes sont des récipients à col. Les quelques exemplaires de tessons de base récoltés au cours des fouilles ne nous permettent pas de définir avec certitude leur aspect général. Cependant, on peut suggérer que les bases étaient très probablement de forme arrondie ou conique.

 

Les bords simples conservés épousent toutes les variantes typologiques. Il y a ceux qui sont inclinés vers l'extérieur, d'autres vers l'intérieur. Leur profil externe pouvant être convexe arrondi, concave ou bien rectiligne annonçant probablement une autre variété typologique, en dehors de celles déjà signalées. Il s'agirait de récipients de forme simple à profil rectiligne, les bords prolongeant la paroi et ne présentent pas une courbure différente de celle de la panse.

 

Ces bords se terminent par une lèvre qui est le plus souvent arrondie ou amincie présentant un amincissement progressif par rapprochement régulier des parois internes et externes du bord.

Ce sont généralement les bords rectilignes ou légèrement convexes ou concaves qui ont des lèvres amincies. Pour les bords à profil arrondi, les parois restent, dans la majorité des cas, parallèles jusqu'à la proximité de l'orifice pour se terminer avec une lèvre arrondie. Les lèvres aplaties sont rares. L'épaisseur de la paroi varie avec la taille des vases. Elle oscille généralement entre 0,6 et 1,8 cm.

 

Les éléments de préhension sont principalement représentés par des mamelons peu saillants ou par des formes allongées (oreilles, languettes). Les anses sont rares, certaines sont détachées de leurs vases.

 

Malgré le caractère fragmentaire que présente la céramique d'Hassi Ouenzga ne permettent pas de reconstituer l'ensemble des décors, l'analyse de ces derniers et l'examen attentif des tessons décorés, assez abondants, ont permis de déceler plusieurs caractéristiques concernant l'ornementation de la poterie à Hassi Ouenzga. Le site a livré un répertoire décoratif assez diversifié et à peu près complet. Les outils utilisés pour la décoration sont variés; ils sont soit fabriqués comme les peignes, les spatules ou les poinçons soit fournit par la nature comme les coquilles, les tiges ou les fibres végétales.

 

L'impression au peigne est très répandue et diversifiée bien que l'application normale en lignes horizontales ou obliques soit la plus courante. L'utilisation de la coquille de cardium est également présente. L'application normale d'un poinçon de section variable sur la surface des vases a été également observée sur plusieurs unités.

 

Cette variété d'instruments et de techniques engendre une richesse des thèmes ornementaux. On y distingue des motifs géométriques organisés le plus souvent sous forme de bandes quadrillées, des chevrons emboîtés exécutés au peigne, des motifs en flamme résultant d'impression basculante et des sillons d'impression.

 

 

Les associations de techniques ou d'impressions de différents instruments aboutissant à des décors complexes sont quasi inexistantes. Le décor est rarement limité à la partie supérieure du vase. Il s'organise de façon différente selon quatre ordres principaux: - Décor de la lèvre - Décor du bord - Décor de la panse - Décor de l'anse.

 

Le lithique

 

 

Le matériel lithique est présent dans tous les niveaux d'occupation. Cependant, nos observations sur le terrain ou les études effectuées en laboratoire n'ont révélé aucune concentration d'outils par rapport à leur répartition par niveau.

 

La matière première qui a servi pour la fabrication des outils est une pierre siliceuse à grain fin de ton variable. Un seul nucléus à éclats en calcaire local a été récolté dans la couche 3. Récemment deux gisements de matière première ont été découverts (Mikdad/Moser/Ben-Nçer 2002): le premier, celui d'Ain Zora, source primaire, située à 25 km à vol d'oiseau à l'ouest du site d'Hassi Ouenzga, et le second celui de Moulouya, source secondaire, situé à 30 km à vol d'oiseau à l'est, révèlent que l'approvisionnement en matière première ainsi que le débitage s'effectuaient sur place. La nature des pierres rencontrées à Hassi Ouenzga semble confirmer cette opinion.

 

Définition culturelle

 

 

L'étude du matériel selon les différents niveaux d'occupation de l'abri d'Hassi Ouenzga montre que l'on est en présence dans le site de plusieurs faciès culturels associés parfois dans un même niveau. Le plus ancien faciès remonte au Néolithique ancien (du milieu du 6ème au début du Sème millénaire av. le.) et se trouve dans les couches 3 et 4-5 dont les résultats des analyses sédimentologiques et de l'étude du matériel laissent croire qu'elles ont connue une occupation intensive. Il est caractérisé par la présence de la céramique typiquement cardiale et surtout de la céramique à décor quadrillé.

 

Cette dernière n'est pas connue dans les autres sites du Néolithique ancien du Maroc qui ont livré plutôt de la céramique cardiale associée à de la céramique cannelée. Elle est plutôt présente dans les sites néolithiques de la région oranaise d'Algérie (Camps-Fabrer 1966) qui se trouve à proximité du Rif oriental. Toutefois, ces derniers n'ont pas livré de céramique cardiale. La découverte de la céramique cardiale en plein coeur du Rif est un fait digne d'intérêt. En effet, elle montre que ce type de céramique a connu une extension plus large et ne s'est pas limité uniquement à la Péninsule Tingitane ou aux côtes atlantiques.

 

Le deuxième faciès, trouvé dans un contexte stratigraphique remanié, est représenté par de la céramique impressionnée au peigne dont les motifs se composent en général de bandes de chevrons et de triangles emboîtés délimités par des lignes horizontales. Les bandes sont séparées entres elles par des espaces réservés. Ce type de décors est présent dans plusieurs sites du Maroc et remonte en générale au Néolithique récent. Certains auteurs le qualifient de faciès pré-campaniforme (Daugas 1985, 1986).

 

Le dernier faciès est représenté par la céramique campaniforme. Deux fragments ont été trouvés dans les niveaux supérieurs remaniés, tandis que le troisième a été récolté en surface.

Bien que cette découverte importante soit effectuée dans un contexte stratigraphique incertain, elle permet du moins d'élargir la zone d'extension du campaniforme au Maroc jusqu'au Rif oriental. Par la même occasion, cette découverte peut, éventuellement, expliquer la présence des deux fragments campaniformes récoltés à Rhar Oum el-Fernan et à la grotte de l'oued Saida (Camps-Fabrer 1966).

 

Etude comparative

 

 

La céramique de l'abri d'Hassi Ouenzga offre plusieurs affinités et une ressemblance, surtout sur le plan décoratif, avec les gisements néolithiques du Maroc, de la Péninsule ibérique, d'Oran et du Sahara.

 

La Péninsule Tingitane se caractérise par une forte concentration de gisements néolithiques (Kahf taht el Ghar, Gar Cahal, El Khil, Achakar) qui ont livré une céramique impressionnée, notamment à la coquille du cardium. Le même type de céramique a été recueilli dans le site d'Hassi Ouenzga. Certes, le nombre de tessons recueillis dans ce dernier est faible en quantité par rapport aux sites précités et les éléments de motifs se limitent aux piqûres horizontales et verticales. En effet, à Hassi Ouenzga; la coquille a été également utilisée de différentes façons pour la décoration des vases.

 

Dans les sites du nord-occidental, en particuliers ceux de la Péninsule Tingitane, un autre type de céramique a été constamment découvert en association avec la céramique cardiale. Il s'agit de la céramique dite à décor cannelé. A Hassi Ouenzga, celle-ci n'est représentée que par quelques rares fragments qui sont peu caractéristiques. En revanche, c'est la céramique à décor quadrillée qui est la plus abondante. Ces mêmes rapprochements peuvent se faire avec les gisements de la péninsule Ibérique, notamment ceux d'Alméria en Espagne qui ont livré en abondance de la céramique cardiale et cannelée.

 

La céramique quadrillée dont les caractéristiques résident dans son décor couvrant qui se présente sous forme d'une bande avec des traits placés obliquement et, qui se recoupant entre eux en dessinant des quadrillages presque toujours losangiques, est parfaitement identique à la céramique des sites néolithiques de la région oranaise d'Algérie (Goetz 1942).

 

En effet, nous avons pu observer une grande analogie que présente la céramique quadrillée d'Hassi Ouenzga avec celle qui caractérise le Néolithique ancien de l'Algérie occidentale.

 

A Hassi Ouenzga, quelques tessons présentent un décor par impressions au peigne fileté souple qui produit un motif de sillons assez profonds ayant l'aspect d'une petite échelle irrégulière ou une cannelure hachurée. Ce type de décor est très répandu dans les régions sahariennes (Camps 1966).

 

Un autre décor d'impression au peigne, sous forme de bandes horizontales, verticales ou obliques séparées entre elle par des espaces vides, est tout à fait similaire à celui rencontré dans les sites d'El Kiffen (Bailloud et al. 1964), de la nécropole de Rouazi à Skhirat (Daugas 1985, 1986) et dans la grotte de Taghit Haddouch (Mikdad et all. publication sous-presse) située à une 10 km à l'ouest d'Hassi Ouenzga.

 

Enfin, les tessons de céramique campaniforme rencontrés dans un contexte stratigraphique fortement perturbé et aussi en surface sont similaires à ceux recueillis dans d'autres gisements du Maroc, notamment à Achakar (Koehler 1931; Jodin 1958-1959), à Dar-es-Soltane (Ruhlmann 1951), à Kehf T aht-el-Ghar et Ghar Cahal (Tarradell 1954), à Sidi Slimane et Ain Smen (Souville 1977, 1983) et à Kehf-el-Baroud (Mikdad 1998). Leurs décors rappellent également ceux de l'Andalousie et du Portugal (Souville 1977).

 

Conclusion

 

 

Les résultats des recherches réalisées dans l'abri d'Hassi Ouenzga, qui reste l'un des rares sites néolithiques fouillés au Rif oriental, ont permis de combler des lacunes en ce qui concerne nos connaissances sur les occupations préhistoriques de cette région en générale, et du Néolithique marocain en particulier.

 

Cette étude a permis de mettre en évidence, dans la région du Rif oriental, des groupes culturels appartenant au Néolithique ancien, final et à la civilisation campaniforme. En l'absence d'indices chrono-stratigraphiques fiables, l'identification de ces deux derniers n'a pu se faire que par le biais de l'étude la céramique qui présente l'une de leurs principales caractéristiques.

 

En revanche, Le Néolithique ancien, bien en place, est caractérisé par la céramique à décor quadrillé et la céramique cardiale. Cette dernière est moins représentée par rapport à la céramique quadrillée.

 

La céramique à décor quadrillé est presque inconnue dans les autres gisements néolithiques marocains qui ont livré de la céramique cardiale. On la retrouve uniquement dans les sites néolithiques de la région oranaise d'Algérie.

 

Dans l'attente des résultats d'analyses très poussées de l'ensemble du matériel recueillis dans les niveaux non remaniés du site d'Hassi Ouenzga, on peut, d'après la position stratigraphique et la chronologie absolue, considérer la céramique à décor quadrillé comme un faciès du Néolithique ancien du Maroc, contemporain du Cardiale.

 

Cependant, en vue d'éclaircir d'autres aspects de ce faciès, il serait nécessaire de rechercher d'autres sites de ce genre qui permettront par la suite de connaître son extension et éventuellement définir ses origines.

 

Signalons enfin, que les découvertes effectuées dans le site d'Hassi Ouenzga ne font que confirmer, une nouvelle fois, l'existence de relations entre les deux rives de la Méditerranée, qui devront; toutefois, être désormais évoquées sous un nouvel angle.

 

 

 

Commentaires (4)

1. Ana 29/05/2008

Je voudrais savoir de quelle tecnique est fait la céramique à décor quadrillé. Merci

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